Sécuriser les mutations grâce à une clause de mobilité précise et appliquée sans abus
Déplacer un salarié sans recueillir son accord immédiat suppose un cadre contractuel particulièrement rigoureux. La clause de mobilité autorise l’employeur à modifier le lieu de travail dans un périmètre convenu. Cette faculté demeure toutefois subordonnée à la précision de la clause et aux conditions concrètes de la mutation.
Un périmètre que le salarié doit pouvoir anticiper
La clause n’est valable que si le salarié peut connaître, dès son acceptation, l’étendue exacte de son engagement. La zone géographique doit donc être définie avec suffisamment de précision, sans que l’employeur puisse ensuite l’élargir unilatéralement. Cette exigence a été affirmée par la Cour de cassation le 7 juin 2006, n° 04-45.846.
La clause peut viser les établissements présents et futurs de l’entreprise, dès lors qu’ils se trouvent dans le périmètre fixé initialement, comme l’a admis la Cour de cassation le 14 février 2018, n° 16-23.042. En revanche, elle ne permet pas au salarié d’accepter par avance une affectation auprès d’une autre société du groupe. La mobilité doit rester interne à la même entreprise, selon un arrêt du 23 septembre 2009, n° 07-44.200.
Une mutation valable peut encore devenir abusive
Même correctement rédigée, la clause doit être appliquée de bonne foi. L’employeur doit respecter un délai de prévenance raisonnable et vérifier que la nouvelle affectation ne porte pas une atteinte injustifiée ou disproportionnée à la vie personnelle et familiale du salarié.
Les juges peuvent notamment apprécier la situation familiale, l’augmentation du temps de trajet et les contraintes matérielles créées par le changement de site. La clause ne saurait davantage justifier, sans accord du salarié, une modification de la rémunération, des fonctions ou de la durée du travail.
Le refus du salarié n’emporte pas toujours les mêmes effets
Lorsque la clause est valable et régulièrement mise en œuvre, la mutation constitue en principe un simple changement des conditions de travail. Le refus du salarié peut alors être sanctionné, jusqu’au licenciement.
À l’inverse, le refus peut être légitime si la clause est invalide, si son application présente un caractère abusif ou si la mutation entraîne la modification d’un élément essentiel du contrat de travail.
Historique
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